L A    P R E C A N N E

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Les bénéfices procurés l'utilisation

de la précanne

La séance de locomotion : un cadre idéal pour le

déplacement indépendant et en sécurité

Les enjeux du déplacement indépendant

Les enjeux du déplacement en sécurité

Les enjeux du déplacement précoce

L'un des principaux buts de la prise en charge en locomotion est de favoriser une indépendance

la plus grande possible dans les déplacements. La prise en charge en locomotion peut offrir

précocement à l'enfant un cadre idéal de déplacement indépendant et pourrait ainsi induire

directement les bénéfices procurés par la situation même de déplacement. En effet, pour un

enfant qui ne se déplace pas en sécurité, outre la possibilité de travailler en technique de guide,

nous pouvons lui proposer un déplacement indépendant avec la précanne. Par son utilisation

simple, la précanne permet un déplacement indépendant et en sécurité, dès la marche acquise.

 

Les enjeux du déplacement indépendant


L'engagement moteur actif de l'enfant dans son environnement

Le fait que l'enfant se déplaceseul, sans tenir la main de l'adulte, lui permet d'avoir des

expériences motrices spontanées, avec un engagement actif, et d'être en interaction directe

avec son environnement.

"L'engagement actif de l'enfant par sa motricité lui permet d'intégrer ses perceptions sensorielles

et de les harmoniser avec ses réponses motrices " (Sanschagrin, 2003).

Dans son article, Sanschagrin (2003) note l'importance de favoriser, chez l'enfant déficient

visuel, l'utilisation précoce de moyens de compensation en stimulant le goût des expériences

motrices fréquentes et variées dans l'environnement, dans lesquelles le corps est en constante

interaction avec les perceptions multisensorielles. D'autre part, la situation même de

déplacement sollicite, selon Boudet (1997), la mise en jeu de la fonction tonique et des sens

proprioceptif, somesthésique et kinesthésique. Par ailleurs, Boudet (1997) et Urzanqui (1996) se

rejoignent sur le fait que la conscience et la connaissance corporelles découlent de l'addition

des informations sur la posture et le mouvement, et donc de la qualité des expériences

motrices. Nous pouvons penser que ces bénéfices procurés par le déplacement indépendant

sont valables pour l'enfant déficient visuel, dont l'engagement moteur peut être amélioré par les

situations de déplacement avec la précanne.


Le déplacement comme moyen de découverte et de connaissance de l'environnement

Pour Urzanqui (1996, p-41), le " mouvement est un moyen permettant à l'enfant déficient visue

l de prendre contact avec son environnement. C'est le principal substitut à la vue dans la

connaissance de l'environnement ". Pogrund et Rosen (1989) confirment que l'enfant apprend le

monde en étant en interaction avec lui, mais ajoutent qu'il doit d'abord se sentir en sécurité

avant d'accéder à des niveaux de connaissances cognitives supérieures. Ils indiquent également

que l'enfant qui se déplace quasi librement a beaucoup plus d'occasions de comprendre

différents concepts de l'environnement, et développe une sensibilité interne des concepts

spatiaux à travers le mouvement. Avec une précanne, nous pouvons penser que l'enfant, se

sentant plus en sécurité dans ses déplacements, est davantage en interaction avec

l'environnement, et ainsi, davantage disponible à l'accès à une meilleure connaissance et

compréhension de l'environnement.


L'accès au sentiment d'autonomie

Avec la précanne, l'enfant ne dépend pas des autres dans son déplacement, ce qui lui donne un

sentiment d'autonomie et de contrôle. Pogrund et Rosen (1989) notent que c'est au travers du

sentiment de contrôle que se développe la compétence, qui mène à une meilleure estime de soi.

 

Les enjeux du déplacement en sécurité


Conséquence sur le désir de se déplacer

Avec la précanne, l'enfant se déplace en sécurité : il ne chute pas et ne se blesse pas car il

heurte les obstacles avec la précanne. Pogrund et Rosen (1989) relatent la crainte des enfants

déficients visuels de se mouvoir, découlant du vécu de rencontres désagréables avec

l'environnement. L'enfant a peur de se déplacer seul, il réduit ses déplacements et augmente

ainsi sa dépendance aux autres. Grâce à la précanne, nous pouvons penser que la crainte de

heurter un obstacle diminue, ce qui motive l'enfant à davantage bouger et à prendre confiance

dans son déplacement. La notion de plaisir dans les déplacements peut alors apparaître.

Conséquence sur la démarche

Dans leur article, les auteurs (Pogrund et Rosen, 1989) décrivent la démarche souvent retrouvée

chez l'enfant aveugle ou très malvoyant, et expliquent l'influence de l'utilisation précoce d'une

canne sur celle-ci : nous pouvons penser que l'influence de l'utilisation d'une précanne (encore

plus précoce) sur la démarche de l'enfant est comparable. En effet, la démarche de l'aveugle est

décrite comme suit : présence d'une large base de support (polygone de sustentation),

réalisation de petits pas, rotation externe des pieds et des jambes, absence

du balancement alterné des bras et pieds qui traînent ou claquent au sol (pour créer un feed-

back auditif). Cette démarche est considérée comme un moyen de compenser, pour réagir aux

déséquilibres imprévus qui surviennent quand le déficient visuel heurte un obstacle ou que le sol

se dérobe : les auteurs parlent d'un instinct de protection. Ainsi, nous pouvons penser que la

précanne, utilisée comme outil de détection des obstacles, pourrait diminuer ou éliminer la

démarche immature et permettre l'évolution de cette démarche.

 

Les enjeux du déplacement précoce


Pogrund et Rosen (1989)
notent que toute étude portant sur le mouvement précoce montre que

plus les jeunes enfants bougent tôt, mieux le tonus musculaire se développe et mieux leur

système vestibulaire est stimulé. Les auteurs qualifient les bénéfices du déplacement précoce

comme énormes. Ils rappellent que les enfants déficients visuels vont souvent se créer des

stimulations vestibulaires en se balançant ou par des mouvements de tête : sans suffisamment

de mouvements, le corps s'autorégule. Nous pouvons penser que proposer relativement tôt la

précanne à des enfants déficients visuels pourrait permettre, par un déplacement précoce, de

stimuler les systèmes tonique et vestibulaire, pour un meilleur développement. Conjointement aux

bénéfices possibles, précédemment cités, induits par la situation même de déplacement

indépendant et en sécurité avec la précanne, nous abordons maintenant les possibilités offertes

pour un travail spécifique de locomotion auprès d'un enfant déficient visuel.